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Réforme ferroviaire : j’ai interpellé le Premier Ministre qui au nom de la modernité veut renvoyer le rail Français à l’ère Thatcher

(Article mis à jour le 28 mars)

7 mars - A l’occasion de la séance des questions au gouvernement, j’ai interpellé Edouard Philippe cet après midi sur sa réforme du ferroviaire. Une réforme qui met dans le vent la concertation avec les syndicats, les usagers, les élus, bref tous ceux qui ont des choses à dire et des propositions à formuler pour l’avenir du rail, pour appliquer à la place une vieille recette Thatchérienne qui a saccagé le rail en Grande-Bretagne...

"Monsieur le Premier ministre,

Pour conduire le train de votre réforme, vous souhaitez avancer à Très Grande Vitesse. A cette allure vous allez mettre dans le vent la concertation avec les syndicats, les usagers, les élus… Bref tous ceux qui ont des choses à dire et des propositions à formuler pour l’avenir du rail !

Avec une telle précipitation vous allez faire dérailler tout le service public ferroviaire.

Sauf à considérer que vous détenez la vérité absolue et que votre baguette libérale règlera toutes les difficultés accumulées surplus d’une décennie de politiques libérales justement.

Vouloir soigner en amplifiant un traitement à l’origine du mal, nenous paraît pas, a priori, procéder de la meilleure des thérapies.

Ce débat sur le ferroviaire est pourtant essentiel.

Au delà des enjeux que nous connaissons tous en matière de transport, d’équité territoriale, d’environnement, la question posée est celle de la société dans laquelle nous voulons vivre.

Nos concitoyens ont compris qu’on ne pouvait pas tout miser sur la route et que la seule alternative reste le chemin de fer.

Pour cela, il s’agit de libérer le rail des contraintes de gestion à l’origine de sa congestion, en lui donnant les moyens de son développement.

Pas de le libéraliser en faisant croire que son problème n° 1 est celui du statut des cheminots.

Votre schéma date de l’ère Thatcher, vous parlez d’une modernité ! 25 ans après, 60 % des Britanniques veulent la renationalisation de l’ensemble des concessions.

La privatisation ayant été à l’origine de catastrophes et d’une hausse par 6des tarifs des billets.

L’Union européenne a fixé des échéances ? Notre pays peut s’y refuser et négocier une exception de service public.

La voie du repli ferroviaire empruntée depuis 15 ans n’est pas une fatalité, la preuve avec l’Allemagne et sa politique d’investissements de 28 milliards, quand vous ne proposez que de réduire encore les coûts.

Nous ne pouvons accepter ce passage en force.

Nous vous demandons solennellement de renoncer à légiférer par ordonnances et d’accepter d’ouvrir un vrai débat sur cette question essentielle."

Texte de ma question au 1er Ministre (PDF - 9.1 ko)
Texte de ma question au 1er Ministre
Ma tribune dans Paris Normandie, 15 mars 2018 (HTML - 179.5 ko)
Ma tribune dans Paris Normandie, 15 mars 2018
Ensemble pour le fer, projet des cheminots CGT pour le rail Français (PDF - 2.4 Mo)
Ensemble pour le fer, projet des cheminots CGT pour le rail Français
L'Avant-Garde, 9 mars 2018 (HTML - 82.5 ko)
L’Avant-Garde, 9 mars 2018

22 mars - Le ferroviaire en France : tous concernés ! Quelques repères pour répondre à l’intox gouvernementale :

* Le statut des cheminots ne pèse en rien sur la dette et les difficultés rencontrées par la SNCF.

* La suppression du statut des cheminots n’entrainerait pas une économie mais un coût supplémentaire pour la SNCF (voir la démonstration du très libéral journal Capital téléchargeable sur cette page).

* Le gouvernement veut libéraliser la SNCF prétendument pour résoudre les difficultés rencontrées par le rail. Or, le fret ferroviaire a déjà été libéralisé et a conduit la France à être le seul pays d’Europe occidentale a avoir vu son fret chuter de manière spectaculaire (se reporter à l’étude sur les transports du Ministère de l’Environnement téléchargeable sur cette page).

* La libéralisation du rail en Grande-Bretagne a conduit à des catastrophes en chaine et à une multiplication par 6 des tarifs. 25 ans après, 60 % des Britanniques veulent la renationalisation des concessions ferroviaires.

* La SNCF a multiplié en 2017 son bénéfice net par 2,3 pour atteindre 1,33 milliard d’euros, au prix d’une dégradation sans précédent des conditions d’entretien et de circulation sur le réseau.

* La dette de la SNCF est utilisée comme un leurre. Elle n’est en effet que le calcul comptable du déficit du rail, c’est-à-dire de la part restant à la charge de la société entre ce que paye l’usager et le coût réel de son billet. Or le ferroviaire nécessite des investissements lourds et la contribution de l’Etat pour couvrir le coût du transport. A défaut de quoi, le tarif du billet dissuaderait quiconque de prendre un train ! Il ne viendrait à l’idée de personne d’appliquer cette logique à la sécurité par exemple en calculant la dette des services de la police, de l’armée ou des pompiers ?

Etude instructive du ministère de l'environnement sur les transports (PDF - 1.6 Mo)
Etude instructive du ministère de l’environnement sur les transports
Capital.fr, 19 mars 2018 (HTML - 103.9 ko)
Capital.fr, 19 mars 2018

28 mars - Avranches, commune de 8.000 habitants dans la Manche... Suppression définitive du guichet SNCF ! La même logique se répète : ils restreignent les conditions d’accès sur les lignes dites non rentables, ils découragent les voyageurs, puis ils ferment les gares et suppriment les arrêts faute de fréquentation suffisante, et enfin ils suppriment les trains... Stop ou encore ? A qui le tour ?

Alerte du collectif des usagers du rail Normandie Sud (PDF - 70.1 ko)
Alerte du collectif des usagers du rail Normandie Sud
Retrouvez plus de documents et mes précédentes interventions sur le ferroviaire à partir des liens ci-dessous :

http://www.jeanpaul-lecoq.fr/spip.php?article272

http://www.jeanpaul-lecoq.fr/spip.php?article271

http://www.jeanpaul-lecoq.fr/spip.php?article264

http://www.jeanpaul-lecoq.fr/spip.php?article230